Mes amours 5.3.73 : Chronique de "König von Siam"
Deuxième jeu essayé avec Frank samedi dernier : "König von Siam", créé en 2007 par Peer Sylvester.
Frank et moi avions été tellement emballés par "Sun Tzu" (lire l'article http://ildblog.over-blog.fr/2013/10/mes-amours-5.3.57-chronique-de-sun-tzu.html) que j'avais très vite décidé de lui présenter ce jeu qui s'apparentait à un petit frère. "König von Siam" est lui aussi un jeu de conquête de territoire majoritaire qui voit s'affronter deux joueurs (voire trois, ou deux équipes de deux joueurs). Mais il y a des différences bien marquées entre les deux jeux...
Dans "König von Siam", les deux joueurs s'affrontent pour le contrôle majoritaire des 8 provinces du Siam. Le contrôle desdites provinces est déterminé par le nombre de cubes (symbolisant des partisans) le plus important d'une couleur donnée d'une des trois factions existantes ("Rama" jaune, "Lao" rouge et "Malay" bleu), et se mesure lorsque les deux joueurs ont successivement décidé de passer leur tour. Mais revenons un peu en arrière : chaque joueur débute la partie avec un deck de 8 cartes et deux cubes de couleur. Lors de la préparation du jeu, 32 cubes sont parsemés au hasard dans les 8 provinces du Siam (à raison de 4 cubes par province) et les 8 jetons symbolisant chaque province sont classés aléatoirement sur la gauche du plateau, l'ordre des jetons indiquera l'ordre dans lequel seront résolues les luttes de pouvoir pour dégager la faction majoritaire...
Lors d'un tour, chaque joueur peut poser une carte ou passer son tour, sachant que s'il joue une carte, le joueur récupèrera ensuite un cube de couleur de son choix (venant d'une province de son choix) dans son jeu, augmentant ainsi son influence dans ladite couleur. Les cartes ont pour effet soit d'ajouter des cubes de la réserve commune sur la carte du Siam, soit d'échanger des cubes entre provinces ou soit de modifier l'ordre de résolution des conflits. Il faut cependant tenir compte du double chronomètre du jeu : 1) chaque joueur ne dispose que de 8 cartes pour toute la partie et 2) en cas d'égalité lors d'une lutte de pouvoir, ce sont les Britanniques qui prennent pouvoir dans la province en question, et si les Britanniques occupent 4 provinces, la partie s'arrête immédiatement avec pour vainqueur celui qui a le plus de séries de partisans (une série étant constituée de trois cubes bleu/jaune/rouge). Si les Britanniques ne s'emparent pas du Siam (autrement dit, si les joueurs vont au bout de la résolution des 8 conflits successifs), c'est le joueur possédant le maximum de cubes de la couleur de la faction majoritaire sur la carte du Siam qui l'emporte.
Frank et moi avons fait deux parties successives afin de bien saisir toute la complexité du jeu, car il faut avouer que "König von Siam" ne se laisse pas déguster aussi facilement que "Sun Tzu". Là où "Sun Tzu" offre une base de 6 cartes minimum pour chacun des 9 tours maximum du jeu, soit un total de 54 cartes, "König von Siam" ne laisse au joueur que 8 cartes seulement, et c'est extrêmement chaud ! Comme les joueurs jouent de manière alternative, le choix demeure constamment cornélien : dois-je jouer à tout prix une carte pour sauvegarder une majorité donnée dans une province donnée, ou puis-je me permettre de sacrifier cette province en question et passer mon tour ? De manière optimale, 8 cartes pour 8 tours, ça fait 1 carte par tour, mais ce n'est jamais aussi simple que cela, d'autant que les joueurs ont les mêmes cartes, mais ils ne jouent pas les mêmes au même moment, et jouer plus d'une carte sur un même tour peut avoir des conséquences parfois fatales. Frank me faisait également remarquer de manière judicieuse que le hasard intervenait pas mal au début du jeu, que ce soit dans le choix des cubes attribués à chaque joueur avant de commencer, dans la répartition des 32 cubes lors de la préparation du plateau, ou encore dans le classement des jetons symbolisant l'ordre des résolution des conflits dans les 8 provinces : tout cela garantit évidemment que deux parties successives ne se ressembleront pas, mais cela peut également peser lourd dans le déroulement de la partie en question. Finalement, Frank et moi avons aussi commenté le fait qu'une partie à 3 joueurs ne devait pas avoir la même teneur, si l'on considère qu'un troisième joueur peut peser de tout son poids dans l'équilibre des factions présentes sur la carte du Siam, sans oublier la partie à 4 joueurs (deux équipes de deux joueurs) dans laquelle chaque équipe dispose du même deck de 8 cartes en deux exemplaires, ce qui doit singulièrement rendre la partie différente...
Bref, "König von Siam" a beau être le petit frère de "Sun Tzu", ils ne se jouent définitivement pas de la même manière, mais ils gagnent à être essayés tous les deux car, à mon avis, ils sont tous les deux excellents !