Mes amours 5.3.55 : Chronique de "Qin"
Hier, notre assemblée de copains fut emballée par un jeu de société qui remporta l'adhésion de tous, à tel point que même ma chérie m'a dit : "j'ai hâte d'y rejouer à celui-là !". Mais de quel jeu s'agit-il ? C'est "Qin" (prononcez "tchin"), créé en 2012 par Reiner Knizia. Quelle mouche nous a ainsi piqué ? Aucune en particulier, car "Qin" a tout simplement plein d'atouts en poche : une règle simple, un matériel sympa, une esthétique magnifique, un plaisir de jeu intense. C'est bon comme ça ou j'en rajoute ?!
Son histoire est simple : j'en avais lu du bien sur Internet et la lecture de la règle ainsi que le visionnage de photos du jeu me persuadèrent du bien fondé de son achat. Et puis, quand on sait que l'auteur est Reiner Knizia, le même qui a créé les excellents "Durch die Wüste" et "Tigre & Euphrate", on y prête une oreille beaucoup plus attentive. D'ailleurs, "Qin" et "Tigre & Euphrate" partagent bien des points communs, et je pourrais aisément dire que le premier s'inspire du second (voire en est une version "light"), même s'ils ne sont pas aussi identiques qu'on pourrait l'imaginer...
Dans "Qin", la victoire s'obtient en plaçant toutes les pagodes que chaque joueur détient en début de partie (de 15 à 24 selon le nombre de joueurs). Le jeu repose sur le placement de tuiles arborant deux territoires colorés selon trois possibilités : bleu, jaune et rouge. La pose de ces tuiles "territoire" doit se faire de manière adjacente à un territoire déjà existant. Chaque joueur peut ainsi créer et développer des territoires à sa guise, et c'est là qu'interviennent les premières possibilités de placer des pagodes : un territoire de deux cases adjacentes de même couleur constitue une Province et permet d'y placer une pagode, tandis qu'un territoire composé d'au moins 5 cases adjacentes de même couleur constitue une Province Majeure, permettant ainsi d'y placer deux pagodes d'un coup (l'une par dessus l'autre). Les joueurs peuvent également choisir de conquérir des provinces adverses d'une couleur identique si le nombre de cases "territoires" de leur Province est strictement supérieur à celui de la Province adverse. Il y a encore la possibilité d'annexer des villages environnants en en prenant le contrôle par la pose à proximité une tuile "territoire" (à condition que ledit territoire soit bien sûr lui-même contrôlé par le joueur). Un village sous contrôle d'un joueur peut également faire l'objet de conquête par ses adversaires, mais c'est cette fois le nombre de pagodes disposées sur les territoires à proximité qui déterminera quel joueur sera maître dudit village. Après avoir posé sa tuile et éventuellement déposé une ou plusieurs pagodes, le joueur pioche une nouvelle tuile dans la réserve pour en avoir toujours trois en main, et c'est le premier joueur à avoir posé sa dernière pagode qui interrompt la partie, se proclamant ainsi vainqueur.
Fin de partie : Delphine a remporté la victoire ! Au fait, honnêtement, il est beau ce jeu, n'est-ce pas ?
Pour conclure, "Qin" est le digne successeur de "Tigre & Euphrate" - certes, un peu moins complexe, mais pas moins intéressant pour autant, bien au contraire ! "Qin" se laisse déguster tranquillement : il nous surprend d'abord, puis nous oblige à faire preuve de concentration pour optimiser notre pose de tuiles "territoires". J'attribue ma défaite d'hier à une première expérience trop timide : j'ai surtout pensé à l'expansion de quelques-uns de mes territoires pour y implanter des doubles pagodes, sans chercher malheureusement à m'implanter partout, histoire d'être présent sur tout le plan de jeu et de développer mes territoires en plusieurs endroits du plateau. En définitive, je rejoins franchement le point de vue de ma chérie : vivement qu'on y rejoue à celui-là !