Quand le muet laisse sans voix...
(image tirée du site toutlecine.com)
Surprenant...
Le titre de premier film parlant est communément attribué à "The Jazz Singer" ("Le Chanteur de Jazz") réalisé par Alan Crosland en 1927, soit il y a 84 ans.
La semaine dernière, j'ai été voir "The Artist" de Michel Hazanavicius sorti cette année au cinéma. Un film muet qui a offert un prix d'interprétation masculine à Jean Dujardin lors du festival de Cannes en mai 2011 : "ça doit être pas mal !" pensais-je d'abord. Et j'étais loin de la vérité...
Première constatation : le film est vraiment muet à 99%. A notre époque si verbale et bruyante, regarder un film sans son mais avec des dialogues écrits intermittents, ça repose la tête ! Mais ne nous affolons pas : la musique qui accompagne le film est d'une grande beauté et chaque morceau guide fidèlement la situation qu'il dépeint...
Deuxième constatation : ça ressemble pas mal à "Singin' in the Rain" ("Chantons sous la pluie") de Stanley Donen et Gene Kelly (1952) au niveau du parallèle chronologique, étant donné que les deux films traitent du passage du cinéma muet au cinéma parlant. J'avais peur que ce parallèle ne ternisse la première bonne impression que je m'étais faite de ce film, mais il n'en fut finalement rien : "The Artist" dispose de sa propre identité et se laisse regarder avec grand plaisir...
Troisième (et dernière) constatation : c'est un très grand film ! On aurait pu penser qu'un film muet projeté en 2011 serait au mieux gentiment désuet, au pire affreusement ridicule. Eh bien, pas du tout : la magie opère toute seule. On est transporté par l'histoire entre cet acteur roublard et impénitent bientôt sur le déclin et cette jeune et jolie figurante qui va connaître une belle ascension (sans oublier l'extraordinaire chien de l'acteur !).
En conclusion : un film remarquable. Ne le ratez pas !