Le rire jaune (j'en suis vert)...
(image tirée du site Wikipedia)
Avec cet article, je ne vais pas me faire que des amis - ce qui ne serait pas grave : ce serait plutôt d'en perdre qui me chagrinerait...
"The Simpsons" : l'une des plus célèbres familles télévisuelles américaines officiant depuis 1989 (dans son format actuel), soit 22 années de présence sur nos petits écrans (devenus écrans 16/9-Plasma-LCD-LED-3D entretemps). Je ne présenterai pas in extenso ses membres puisque nous les connaissons tous : Homer et Marge, parents de Bart, Lisa et Maggie, avec leurs animaux Petit Papa Noël et Boule de Neige 2...
Même si c'est aussi ringard, je trouve assez chouette de dire que j'étais vivant et présent au moment de sa première diffusion. J'avais assez vite accroché au dessin original, au style novateur, au tempérament des personnages et à leur humour décapant. A l'époque, "Les Simpson" (qui perd son "s" final en passant de l'anglais au français car c'est un nom propre) était une série hors-normes qui bousculait nos habitudes télévisuelles. Le graphisme jaune et l'humour mordant attiraient les jeunes et dérangeait un peu les moins jeunes de par son ton résolument neuf. Diffusée sur Canal+ et France 3 (à l'époque où il n'y avait que six chaînes télé en France), la série se taillait peu à peu une réputation de nouveau mètre-étalon du rire. Et le succès permit aux saisons TV de s'enchaîner sans relâche, et un film vit même le jour en 2007...
Pour ma part, "Les Simpson" ont été une grande référence - d'abord, une référence culturelle américaine indéniable et ensuite, une référence humoristique indiscutable. Oui, je sais, l'usage du passé composé dans ma phrase précédente peut choquer, mais voilà : à mon avis, "Les Simpson" ne sont plus (depuis longtemps) ce qu'ils étaient. A cela, je propose quatre explications combinables :
1) la longévité. "Plus c'est long, plus c'est bon" dit le proverbe : eh bien, pas toujours dans la mesure où il n'est pas forcément facile de se renouveler (que ce soit humoristiquement et surtout scénaristiquement) sur 22 ans...
2) l'absence d'évolution. La situation des personnages de la série est restée dramatiquement figée avec les années : Bart est toujours en CM1, Maggie est toujours un bébé, Homer travaille toujours à la centrale nucléaire, etc - même si demeurent quelques rares exceptions comme le décès de Maude Flanders (la femme de Ned) ou le mariage d'Apu, sans compter la disparition de certains personnages comme Troy McClure suite au décès de l'acteur incarnant sa voix américaine. Si un tel artifice peut fonctionner pendant quelques années, ça fait plutôt tâche sur 22 années...
3) la dégradation lente mais sûre d'un personnage en particulier : Homer. J'appréciais énormément Homer dans les premières années de la série, pour son côté un peu grande gueule, mais surtout paumé, avec un job bien peu fascinant, tentant d'assurer la vie quotidienne de sa famille au mieux. Il représentait un peu l'image du père moyen d'une famille (très) modeste : le père américain lambda dans l'absolu (?). Et plus le temps passait, plus le côté idiot d'Homer s'accentuait, jusqu'à ce qu'il devienne cet imbécile soiffard proférant ou éxécutant une connerie à la seconde que nous connaissons aujourd'hui.
4) la disparition du bon sens. Si, dans ses premières années, la série se voulait porteuse de certaines leçons sur
la vie (tout en distillant un humour décapant et en multipliant les clins d'oeil et références au cinéma hollywoodien), elle a peu à peu évolué vers une simple succession de gags et de bêtises
sans grand intérêt. Et le passage au cinéma n'a franchement pas changé grand chose : le seul gag qui m'a vraiment fait hurler de rire durant la projection fut le célèbre "Spider-cochon" de par sa
référence au comic américain, tandis que j'assistai avec effroi aux dernières idioties navrantes d'Homer...
Certains critiques outre-Atlantique prétendent que "Les Simpson" sont une excellente série tant que ses saisons n'ont qu'un seul chiffre - les 9 premières donc - et je suis tout à fait de cet avis (la neuvième constituant en fait déjà le début de la fin, si l'on excepte l'excellent 200e épisode avec U2 en guest star). J'ai progressivement acquis les coffrets DVDs des "Simpson" (ce qui m'a permis de découvrir la V.O. que je n'avais jamais entendue auparavant) et le coffret DVD de la neuvième saison restera certainement mon dernier achat de cette franchise. J'ai aussi investi dans les deux premiers CDs de la B.O. de la série ("Songs In The Key Of Springfield" et "Go Simpsonic With The Simpsons") qui me transportent de bonheur avec les chansons entremêlées aux dialogues originaux. Et cela s'arrêtera fort probablement ici...
Pour finir cet article, j'aimerais mentionner "South Park", autre série à l'humour caustique ayant pour sa part
débuté en 1997, en précisant que, pour avoir été également vivant et présent lors de sa première diffusion, "South Park" connut le même départ que "Les Simpson" : une série innovante, dérangeant
les conventions établies en osant s'aventurer plus loin que ses aïeules. Et si, finalement, c'était ça, la recette du succès et la cause de l'échec : vouloir aller toujours plus loin sans penser
à savoir s'arrêter à temps ?