Jack a dit...
(image tirée du site Wikipedia)
Rien qu'au logo, les connaisseurs se sentiront en terrain familier !
L'image ci-dessus est le logo de la série "24" (connue en France sous le nom "24 Heures Chrono"). "24" est une série qui a révolutionné le genre - n'ayons pas peur des mots et rendons-lui cet hommage justement mérité. Comme le format habituel moyen d'une saison de série TV aux Etats-Unis est de 24 épisodes, quelle formidable idée d'utiliser le nombre d'heures dans une journée pour en tirer une série qui dépeindrait une journée entière en une saison ! Bien sûr, il restait à définir ce qu'on y mettrait dedans (la journée de qui ?), et quel meilleur choix que la journée d'un agent du gouvernement des Etats-Unis officiant au C.T.U. (Counter Terrorist Unit, ou Cellule Anti-Terroriste en français), en proie à une menace imminente mettant en danger son pays ?
C'est cette idée que Joel Surnow et Robert Cochran ont développée pendant 8 saisons entre 2001 et 2010 à travers 192 épisodes. Il y eut même un téléfilm intitulé "Redemption" tourné en 2008 entre les saisons 6 et 7 pour pallier à la grève des scénaristes qui avait eu lieu à cette époque : les créateurs de la série ne voulaient pas laisser les téléspectateurs en plan...
"24" est donc un concentré d'action pure, haletant, qui ne laisse aucun répit, ni à ses personnages ni au pauvre télespectateur qui, angoissé et frustré, est témoin d'un cliffhanger magistral à chaque fin d'épisode, ne lui laissant d'autre choix que de ronger son frein en attendant l'épisode suivant (sauf si, comme moi, il a acheté la série en DVD, ce qui évite l'attente désespérante de la diffusion de l'épisode de la semaine d'après !).
Le héros de la série, l'agent Jack Bauer (incarné par Kiefer Sutherland) est donc celui qui doit affronter de dangereux ennemis, désamorcer de grandes menaces, tout en gardant un sang-froid monumental. Jack est donc énormément impliqué professionnellement et aussi personnellement (même si cet aspect disparaît plus ou moins au fur et à mesure des saisons). Les intrigues sont très prenantes - même si parfois répétitives, ce qui est normal puisque le format de la série est figé - et donnent souvent lieu à des scènes violentes, ce qui fut l'un des arguments des détracteurs de la série évoquant les scènes de torture difficiles à supporter. N'oublions pas non plus l'image stéréotypée de "terroristes patentés" que donnait la série à certaines populations vues dans ses épisodes : il est difficile avec une série offrant un tel format et décrivant de telles intrigues de garder un aspect aussi lisse et poli...
On peut donc aimer ou détester "24", on ne pourra pas remettre en cause le grand changement qu'elle a apporté sur
nos petits écrans. Un film tiré de la série est actuellement en gestation et devrait voir son tournage démarrer prochainement : personnellement, je vois mal l'intérêt de faire un long-métrage
adapté de "24" puisque c'est justement son format télévisuel en 24 épisodes qui lui donnait sa raison d'être. Si c'est pour se retrouver en face d'un deuxième "Redemption" dont l'intrigue dure
deux heures filmées "en temps réel", il faudra alors que le scénario soit suffisamment intéressant pour justifier son passage aux salles obscures. A voir, donc...