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Le blog de ildblog

Terminator Genisys, ou la subtilité du retour à la fin

20 Janvier 2016 , Rédigé par ildblog Publié dans #Exclame-toi - parasite ! (= critique)

Image tirée du site ecranlarge.com

Image tirée du site ecranlarge.com

Après avoir récemment apporté ma critique sur "Star Wars VII : Le Réveil de la Force (ici : http://ildblog.over-blog.fr/2015/12/star-wars-vii-ou-le-reveil-forcement-force-de-la-force.html), c'est le moment de me tourner vers ce film que mon ami Grand David m'a permis de voir en dépit de mon envie ostentatoirement manifeste de NE PAS le visionner : "Terminator : Genisys". Pourquoi "ne pas" ? Parce que je me méfie toujours et encore des suites et reboots à la pelle qui semblent envahir nos salles obscures. Bon, celui-là, je l'aurai vu, et je dois vous faire part de ce que j'en ai pensé...

 

ATTENTION AUX SPOILERS !

 

Bon point : je l'ai vu en version originale sous-titrée en français.

 

La suite : du très bon dans le début, ou le retour à "Terminator" de 1984 dans une magnifique suite d'images retraçant avec intensité le cataclysme du "Judgment Day", la présentation de Kyle Reese tout petiot, sauvé par John Connor leader de la Résistance, et le point culminant : l'attaque d'une base de Skynet particulière où se trouve un objet insolite - John Connor semble en savoir long et insiste pour que Kyle y participe. La bataille a lieu et les mercenaires réusissent à prendre le contrôle de ce lieu grâce à l'intervention d'une autre force armée à un autre lieu (la mission Colorado). L'objet insolite est dévoilé : un appareil de déplacement temporel dans lequel s'est engouffré un Terminator 101 pour retourner dans le passé vers l'an 1984 afin de supprimer Sarah Connor, la mère de John. Les volontaires se bousculent pour prendre sa chasse, mais c'est logiquement Kyle qui retient l'attention de John qui se plante tout nu devant plein de soldats au coeur de la machine pour rejoindre le T-101 en 1984. Twist de dernière seconde : John est victime de l'attaque d'un Terminator particulier alors que Kyle s'évapore vers le passé. Honnêtement, jusqu'ici, je suis bluffé par la qualité de la mise en scène : c'est une belle préquelle ("prequel" en anglais) du premier film qui donne envie de se replonger tout de suite dans l'action !

 

Ensuite, arrivée en 1984 : certaines scènes sont des reprises remasterisées du film original, parfois traitées avec de nouveaux acteurs, mais visuellement, c'est bluffant ! Je le dis comme je le sens : j'adore ! Parce que les scènes sont quasiment identiques aux originales du film de 1984, comme la scène où Kyle Reese échappe à ses poursuivants dans le supermarché en piquant des fringues et une paire de baskets Nike qu'il scratche dans un mouvement suave. Après il y a des changements : un deuxième T-101 qui défait le T-101 d'origine avec l'aide d'une brunette bien active et agile de la gâchette, alors qu'un T-1000 mène la vie dure à Reese dans le supermarché, en dépit de l'aide d'un officier de police ébahi - regret : où est Robert Patrick, LE T-1000 d'origine ? Après, les événements s'enchaînent et nous amènent à l'évidence : on n'évolue plus dans notre trame temporelle familière mais dans une trame parallèle dans laquelle Sarah Connor a été sauvée par un T-101 à l'âge de 9 ans - le même qui zigouille le T-101 d'origine du film de 1984. Du coup, Sarah n'est plus une serveuse en détresse à secourir, mais une jeune femme déjà bien aguerrie qui va mener les choses avec sécurité. Après avoir annihilé le T-1000 dans un souterrain sous une douche d'acide, Connor et Reese doivent avancer dans le futur pour empêcher le "Judgment Day", mais si Sarah pense à 1997, Kyle préconise de son côté 2017, avec l'avènement du fameux "Genisys" qui, d'après des mémoires mystérieusement révélées lors de son premier transfert temporel, serait le futur Skynet.

 

2017 est donc leur destination temporelle définitive. Tout se poursuit avec de très bons moments : poursuite sur le Golden Gate Bridge de San Francisco, scène d'action dans un commissariat de police (comme dans T1 de 1984), scène d'action dans les locaux de Cyberdyne (comme dans T2 de 1991), révélation d'un nouveau type de Terminator insidieusement infiltré dans la peau de John Connor. On croit que notre cher Schwarzie va mourir, mais en fait, non : il est upgradé en mix entre T-101 et T-1000 suite à son trempage dans du liquide métal. Le méchant John Connor est mis hors d'état de nuire et le film se termine sur un "happy end" (avec suite ? telle est la question...). "Et là, c'est gagné : il a aimé le film !" se dit mon ami Grand David : eh bien... bof bof !

 

Bof bof, pour plein de raisons. D'abord, oui, c'est visuellement bluffant et bien mis en scène, mais une fois passée la surprise des premières minutes, le film ne diffère pas fondamentalement des deux (voire trois) premiers films de la saga au niveau scénario. C'est encore et toujours la même quête de "changer le cours des événements et empêcher Skynet/Genisys de voir le jour". Ensuite, le twist du deuxième déplacement temporel 1984-2017 dans le film n'est pas nouveau : pour ceux comme moi qui se souviennent de la série télévisée "Terminator : The Sarah Connor Chronicles", John et Sarah Connor voyagent de 1999 vers 2007 pour affronter Skynet - a cet égard, je dirais même que cette petite série qui a tenu deux saisons a eu l'énorme mérite de reprendre la saga avec un certain souci de fidélité et de cohésion. En continuant, on peut même aller jusqu'à la question "pourquoi" : pourquoi, en effet, littéralement prendre appui, s'imprégner, tremper les pieds à ce point dans le premier film ? L'on ne pouvait rien faire d'original sans l'inévitable "retour aux sources" ? Poursuivons : honnêtement, dans ce film, Arnold Schwarzennegger me fait presque pitié. En effet, 1) il est très souvent utilisé comme un ressort comique plutôt qu'un ressort dramatique, et 2) il ne fait plus autant peur que dans le film de 1984 - normal, vu son âge, me direz-vous, mais quand je vois ce qu'il reste comme ficelle pour utiliser son talent dans ce film, ça me fait de la peine. Je terminerai avec ma dernière idée : fondamentalement, qu'apporte ce film à la saga ? A mon avis, pas grand chose, sinon rien, d'autant que la fin du film me semble avoir la même bancalité que la fin de T2 en 1991 : Skynet semble avoir été détruit, oui, mais après ? "Happy end" ? Non, car y'a eu un T3 (peu glorieux). Et j'insiste d'autant plus que, malgré tout l'amour que j'ai pour ce film réalisé par James Cameron (le réalisateur d'origine de T1 de 1984), T2 n'aurait JAMAIS dû être filmé puisque la machine à voyager dans le temps avait été détruite par les rebelles après son utilisation par Kyle Reese - sans négliger la scène supplémentaire de T1 de 1984 nous révélant que le combat final entre Sarah Connor et le T-101 s'était déroulé dans une compagnie appelée... Cyberdyne : la boucle était bouclée ! Donc, le deuxième T-101 et le T-1000 de T2 ne pouvaient avoir franchi les couloirs du temps...

 

En conclusion, merci pour ce film, mon Grand David. Au moins, j'aurai essayé !

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G. David 21/01/2016 18:31

Avant toute chose j'espère que tu es bien rétabli.
Et oui, la première moitié de l'article, j'y ai cru. Ildblog amoureux de Terminator Genisys. Mais bon la réalité à vite repris le dessus.
Néanmoins contrairement à Star Wars, ici je suis d'accord avec le 'bof bof'.
Ce qui me plait ici, c'est l'hommage rendu au premier, et qui t'a plu aussi apparemment. C'est le T1000 envoyer pour tuer la jeune Sarah (Même si on ne voit pas l'histoire, c'est quand même un beau twist au film T2) (Et pour ta question le rôle a été proposé à Robert Patrick qui a refusé à cause de son âge.

Après la seconde parti en 2017, comme tu dis 'bof bof' et je suis heureux de ce 'bof bof'. C'est convenu, classique, rien d'exceptionnel MAIS CE N'EST PAS NUL. C'est juste moyen.
Ce qui fait que pour la première fois depuis très longtemps je suis prêt à admettre qu'il y a eut plus de deux films 'Terminator'. Maintenant j'estime qu'il y en a trois ...